Spécialiste du harcèlement scolaire : qui consulter, et la question que personne ne pose

Ton enfant est harcelé. Tu as compris qu'il ne s'en sortira pas seul, tu cherches un spécialiste — et tu te retrouves face à une liste de titres qui ne t'apprend rien : psychologue, pédopsychiatre, psychopraticien, coach, thérapeute.

Je vais te faire gagner du temps. La vraie question n'est pas « lequel est le meilleur ? ». C'est : qu'est-ce que ton enfant saura faire, à la fin, qu'il ne sait pas faire aujourd'hui ?

Pose-la à chaque professionnel que tu contacteras. Elle sépare immédiatement ceux qui ont une réponse de ceux qui n'en ont pas.

Ce que chaque professionnel traite réellement

Le psychologue : ce qui se passe à l'intérieur

Son terrain : l'anxiété, l'estime de soi abîmée, les traces de ce que l'enfant a vécu. Quand un enfant va mal en profondeur, c'est vers lui qu'il faut se tourner, et c'est souvent ce qui débloque tout le reste.

Son travail agit dans la durée et reconstruit une sécurité intérieure sur laquelle l'enfant peut ensuite s'appuyer. C'est précisément pour ça que les deux approches se complètent bien : j'accompagne régulièrement des enfants qui voient un psychologue en parallèle, et c'est une configuration qui fonctionne très bien. L'un travaille le socle, l'autre les situations du quotidien.

Le dispositif Mon soutien psy permet une prise en charge par l'Assurance maladie chez les psychologues conventionnés.

Le pédopsychiatre : le diagnostic et le soin médical

Médecin. Seul habilité, avec le médecin traitant, à diagnostiquer et prescrire. On le consulte pour les situations lourdes : dépression caractérisée, troubles anxieux invalidants, phobie scolaire installée.

Réalité de terrain : les délais en CMP dépassent souvent six mois.

Le psychologue de l'Éducation nationale : le levier institutionnel

Il est gratuit, il connaît l'établissement de l'intérieur, il peut peser sur la mise en place du protocole. Beaucoup de parents ignorent qu'ils peuvent le solliciter directement.

Sa limite tient à sa charge de travail : plusieurs milliers d'élèves par professionnel. Compte sur lui pour faire bouger l'école, moins pour suivre ton enfant semaine après semaine.

Les associations et lignes d'écoute : l'orientation

Elles écoutent sans rendez-vous, connaissent les rouages de l'institution et orientent vers les bons interlocuteurs de ta région. Souvent le bon premier appel quand tu ne sais pas encore par quel bout prendre la situation.

L'avocat : le rapport de force

Si les faits sont graves et que l'école n'agit pas. Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit spécifique inscrit au code pénal. Il agit sur la situation et sur le rapport de force avec l'établissement. Ton enfant, lui, aura besoin d'autre chose en parallèle : les deux démarches n'ont rien à voir et se mènent séparément.

Un adolescent est pointé du doigt et subit des moqueries et du rejet

L'angle mort

Relis la liste. Une partie de ces professionnels travaille sur ce que ton enfant ressent, l'autre sur ce que l'institution doit faire. Ces deux terrains sont essentiels et il faut souvent les couvrir tous les deux.

Il en reste un troisième, beaucoup moins fréquenté : ce que ton enfant fait, à la seconde où la moquerie tombe, devant huit élèves qui regardent.

C'est pourtant là que tout se joue. Le harcèlement fonctionne comme un circuit entre un émetteur et un récepteur : le harceleur envoie quelque chose et attend une réaction précise. Le rougissement, les larmes, le silence gêné, la réponse maladroite qui fait rire le groupe. Il l'obtient, il recommence, et ça se répète avec une régularité qui a de quoi désespérer.

Ce n'est pas une intuition de coach. Une équipe de l'université de Turku, en Finlande, a étudié 573 élèves et identifié trois types de réactions chez les enfants ciblés : l'impuissance (pleurer, ne rien dire), la contre-agression (répondre par l'agressivité) et la nonchalance (rester calme, ne pas traiter l'affaire comme un drame). L'impuissance et la contre-agression sont associées au fait que le harcèlement démarre ou se poursuive ; la nonchalance et l'absence d'impuissance, à sa diminution ou à son arrêt [1].

Les mêmes chercheurs ont montré que le harcèlement est un processus de groupe. Les témoins qui rient ou qui regardent sans intervenir fournissent au harceleur une récompense sociale : de l'attention, du statut, du pouvoir sur les autres [2]. Le harceleur vient chercher la souffrance pour elle-même et l'effet produit devant public.

Une précision qui compte. Ces résultats ne rendent pas l'enfant responsable de ce qu'il subit. La responsabilité appartient entièrement à celui qui harcèle. Ce qu'ils indiquent, c'est qu'il existe un levier accessible à l'enfant, et qu'on peut l'entraîner.

Tant que la réponse ne change pas, le circuit tourne. On peut apaiser l'enfant, sanctionner l'auteur, changer d'école : si l'enfant réagit de la même façon, le scénario se réinstalle. C'est ce qui m'est arrivé, et j'y reviens plus bas.

Ce qui ne marche pas

Changer d'école en espérant que ça suffise. C'est parfois nécessaire, ça n'a presque jamais suffi chez les familles que j'accompagne. Les études longitudinales qui suivent des élèves lors du passage dans un nouvel établissement montrent que le statut de victime reste globalement stable au fil de la transition [3]. Une recherche néerlandaise récente ajoute une précision utile : la victimisation se poursuivait surtout chez les élèves arrivés dans leur nouvelle classe sans camarade de leur ancienne école, ce qui écarte l'idée d'une réputation qui suivrait l'enfant [4].

Attendre que ça passe. Le harcèlement se renforce de lui-même : chaque réaction de détresse qui fait rire le groupe rend la suivante plus probable. C'est le mécanisme de récompense sociale décrit plus haut.

Dire à l'enfant d'ignorer. Le conseil le plus donné, et l'un des moins efficaces — l'étude finlandaise permet de comprendre pourquoi. La réaction qui fait retomber le harcèlement, c'est la nonchalance, une tranquillité réelle. Or un enfant à qui on ordonne d'ignorer alors qu'il est dévasté ne produit pas de la nonchalance : il produit de l'impuissance visible, précisément la réaction qui entretient le circuit. La nonchalance ne se commande pas, elle se construit.

Line Herzog dans sa fonction de thérapeute en communication

Ce que je fais, et pourquoi

Quatorze ans d'exercice comme orthophoniste. Plus de 1000 enfants accompagnés. C'est là que j'ai appris à lire un enfant en entier : sa voix, son souffle, sa posture, la façon dont il occupe l'espace et se positionne face aux autres. Un enfant qui parle en regardant ses chaussures, dont la voix monte dès qu'on l'interpelle, qui s'excuse avant d'avoir parlé : les autres enfants captent ce signal immédiatement.

Précision utile : l'accompagnement anti-harcèlement que je propose est une activité distincte de mon exercice de soin.

J'ai été harcelée de 7 à 18 ans. Primaire, collège, lycée. J'ai changé d'établissement en 3ème en espérant que ça suffirait. En quelques semaines, avec de nouveaux élèves, le même scénario s'était réinstallé. C'est là que j'ai compris que le problème ne se règle pas en changeant de décor. Je sais de l'intérieur ce que vit ton enfant, et je sais ce qui ne marche pas parce que je l'ai essayé.

Le théâtre d'improvisation m'a donné la répartie. Sur scène, on apprend à se libérer du jugement, à rester flexible sous pression, à trouver la phrase qui désarme instantanément. Personne ne naît avec ça. Ça se travaille, et c'est ce que je travaille avec les enfants.

L'hypnose, depuis 2017, pour ce qui ne se règle pas avec des mots : la boule au ventre avant d'entrer en classe, la peur de prendre la parole, cette impression d'être une cible.

Et une formation spécifique à la lutte contre le harcèlement scolaire, qui a fait converger tout le reste.

La méthode INATTAQUABLE

Un accompagnement individuel, à Montpellier ou en visioconférence partout en francophonie. Durée limitée, objectif précis : que ton enfant reparte avec des outils utilisables dès le lendemain, dans la cour de récréation, et qui lui serviront encore l'année suivante comme dans l'établissement d'après.

Et une chose que les parents ne s'attendent pas à entendre : dans mes coachings, on rigole beaucoup. Le harcèlement est un sujet lourd, ce n'est pas une raison pour le vivre dans la gravité. Le rire dédramatise, met à distance, allège ce que l'enfant porte. C'est en retrouvant cette légèreté qu'il redevient capable d'avancer.

« Rapidement mon enfant qui n'osait pas se positionner à l'école a réussi à adopter une posture et une répartie qui ont contribué à lui redonner confiance. Nous sommes à la moitié du programme Inattaquable et mon enfant est métamorphosé ! C'est une grande joie de le voir se positionner en cour de récréation, et avec beaucoup d'humour. » — Ch., maman d'un enfant de 8 ans

Le journal Le Métropolitain est venu filmer un de mes ateliers Confiance en soi à Montpellier. Le reportage donne un bon aperçu de cette énergie.

https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/video-on-jette-les-mots-qui-piquent-a-montpellier-une-methode-douce-contre-le-harcelement-scolaire_64049190.html


Sources

[1] Salmivalli, C., Karhunen, J. & Lagerspetz, K. M. J. (1996). How do the victims respond to bullying? Aggressive Behavior, 22(2), 99–109.

[2] Salmivalli, C., Lagerspetz, K., Björkqvist, K., Österman, K. & Kaukiainen, A. (1996). Bullying as a group process: participant roles and their relations to social status within the group. Aggressive Behavior, 22(1), 1–15.

[3] Pellegrini, A. D. & Bartini, M. (2000). A longitudinal study of bullying, victimization, and peer affiliation during the transition from primary school to middle school. American Educational Research Journal, 37(3), 699–725.

[4] Pouwels, J. L., van den Berg, Y. H. M., Colpin, H., Cillessen, A. H. N. & Lansu, T. A. M. (2026). Co-transitioning peers impact the continuation of victimization across the transition from primary to secondary school. Université Radboud, Nimègue.

[5] DEPP, ministère de l'Éducation nationale (juin 2026). Enquête d'auto-évaluation menée en novembre 2025 auprès d'élèves du CE2 à la terminale, 33 240 questionnaires exploités.

Écrit par :

Line Herzog

Coach anti-harcèlement scolaire à Montpellier et en visio. Orthophoniste depuis 14 ans, Créatrice de la méthode INATTAQUABLE.

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À propos

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